Empreinte Transsibérienne, chaudes images venues du froid

Ma rencontre avec ce livre a été un de ces hasards se produisant pile au bon moment. Je pensais beaucoup, ces jours-ci, à cette traversée de la Russie en Transsibérien qui ouvrirait notre voyage. L’occasion parfaite, donc, pour partager avec vous une lecture.
En une centaine de pages, le photographe Didier Bizet a réuni les meilleures vues de son voyage en Transsibérien, de Moscou à Irkoutsk. Et il les a frottées aux mots des autres pour mieux les faire briller. Au fil des pages, il invoque quelques auteurs qui ont fait le trajet avant lui. De courts textes, percutants, assortis aux images sans le vouloir, dont ont été extraits les mots les plus forts pour en faire des titres de chapitres : « Il désheure les corps, et peu à peu, l’esprit des passagers » (Sylvie Germain), ou encore « J’aime cette Russie vermoulue » (Hervé Bentégeat) en guise de clôture. Et ça, c’est ingénieux. Humble.
Le photographe n’abandonne pas pour autant complètement la plume : j’ai particulièrement aimé ses légendes, pertinentes et pleines d’esprit.
Parlons des images. Bien que j’aie parfois été étonnée de leur organisation, elles suivent de manière générale l’axe Ouest – Est suivi par le photographe. On démarre à Moscou, où l’on croise une manifestation toute de rouge teintée et quelques toitures gourmandes. La suite, c’est à bord du train. On y voit surtout les gens, ceux qui travaillent ou ceux qui sont de passage. Pas tant de sourires, parce que ce n’est pas si pittoresque que ça. On sent presque, dans ces clichés, l’ennui latent, le décalage horaire, la perte totale de tout rythme si ce n’est celui des roues. Didier Bizet ne cherche pas la beauté. Il veut simplement décrire le mélange des genres où sont plongés les passagers du train. Sur son site internet, il explique avoir utilisé un compact pour réaliser ces clichés. Grosse surprise. Bon, il n’a évidemment pas dû partir avec un Coolpix de base (et je sais bien qu’un Canon G12, par exemple, fait des prouesses) mais quand même : chapeau.
Dans sa préface, Géraldine Dunbar voit le travail de Bizet presque comme un futur souvenir : elle annonce d’entrée de jeu qu’en 2030, un train filant à 1000 km/h et reliant Moscou à Vladivostok en sept heures devrait voir le jour. Alors là, fini la « bulle » Transsibérien, longue de plusieurs jours.
Conclusion : ce beau livre va insidieusement vous convaincre de mettre un gros pull et de prendre les rails. La dominante pourpre, gris et bleu profond donne presque envie de se pelotonner dans un wagon, en plein hiver. Ca tombe bien : c’est notre programme.
Pour aller plus loin et se procurer l’ouvrage :
– le site de Critères Editions, la maison grenobloise qui édite la collection Empreinte :  http://www.criteres-editions.com
– le site de Didier Bizet, www.didierbizet.com

 

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