Frontières : de la Russie à la Thaïlande… sans avions

frontiere corée chine

Derniers mètres en Corée du Nord : d’un côté, une grande roue colorée, de l’autre, les buildings chinois…

Trois mois, six frontières. A chaque fois, un nouveau jeu, du suspense, de la romance, des nouvelles amitiés qui naissent en un clin d’oeil avec les douaniers (attention, cette phrase peut contenir de l’ironie). A part notre vol d’entrée en Corée du Nord (pas d’autre choix) toutes les frontières ont été franchies par la terre : c’est à dire en train, en bus ou à pied. Voici donc un petit résumé mêlant anecdotes et conseils pour franchir avec le sourire ces barrières géopolitiques.

Petit préambule : les frontières, je n’aime pas ça. Née après la chute du mur de Berlin, il est naturel pour moi de passer d’un pays européen à l’autre sans même m’en rendre compte. Et plusieurs passages compliqués entre le Maroc et l’Espagne m’ont rendue hostile à l’uniforme du douanier. Manu, lui, il est peinard. Et il se marre quand il me voit jeter des regards inquiets aux mecs en képi et tripoter nerveusement mon passeport.

En train : prends ton mal en patience, et va aux toilettes avant

C’était écrit sur le plan de route affiché dans le Transsibérien : entre la Russie et la Mongolie, 300 minutes d’arrêt d’un côté, 150 de l’autre. Donc fallait pas qu’on soit étonnés. Mais même : nous voilà à Naouchki, surveillés par une prodvinista qui ne nous portait pas dans son coeur. Elle a fermé les toilettes en avance, ils ne seront pas rouverts avant la fin des contrôles en Mongolie. L’angoisse.
Heureusement, notre longue attente est rythmée par le passage des douaniers et divers autres contrôleurs (immigration, chiens renifleurs, les « custom »… ). Le premier nous inquiète : le voilà qui prend nos passeports et qui part ! Pour nous, c’est une première. Naturellement, je on pense qu’ils vont juste jamais nous les rendre et allumer un feu de bois avec. Au bout de quelques heures, enfin, le train bouge, on voit des tas de gars faire un salut militaire le long des wagons et un quart d’heure plus tard, on s’arrête de nouveau. On prend les mêmes (ou presque) et on recommence : il faut dire que la fouille de compartiment est plus musclée côté mongol. On en est à notre trentième partie de yam quand, enfin, le train reprend le large.

Entre la Mongolie et la Chine, on partage notre compartiment avec deux étudiantes habituées à ce genre d’exercice. Elles nous préviennent pour les toilettes piégeuses et là, on a un spectacle : comme la Mongolie et la Chine n’ont pas le même écart de rails, le train est littéralement décollé du sol pour qu’on lui change les roues. C’est hyper drôle dix minutes, quand tu sens que le wagon lévite, mais après, disons-le, on s’ennuie. Mais Manu  a tout filmé (on vous garde ça pour plus tard). Les contrôles finissent tard : quand on redécolle, après la quarantième manoeuvre, tout le monde est déjà couché.

mongolie chine frontière

Enfin, la sortie de Corée du Nord en train représentait pour moi le summum du passage de frontière angoissant : douaniers suspicieux, tout-puissants, voleurs. Et finalement… On avait un peu surestimé la dose de stress. La situation est cocasse : tu es dans un train, dans un village triste, et tu distingues au loin un pont, et de l’autre côté, des buildings. C’est la Chine. Nous posons tous nos appareils photo sur la tablette, parce qu’on nous avait dit « oui, les photos seront sans doute contrôlées, ne protestez pas, sinon ils effacent juste toute la carte ». Dans une ambiance électrique, une femme entre et nous distribue les traditionnels documents. On l’apprendra plus tard mais dans notre compartiment, nous sommes quatre journalistes prétendant chacun de faire des métiers différents. Summum de l’angoisse, un homme en képi entre, s’assoit en face de moi, et commence à faire des mimiques pour le moins étranges quand il apprend que nous sommes français. Il se passe un doigt sous le nez, renifle, et puis se sent sous les aisselles. Sans blague. Et puis, il nous pointe du doigt. Miracle, notre voisine a compris ! Il demande si nous avons… Du parfum français. Désolé mec ! On vient de finir notre Chanel 5 au petit-déjeuner.

A pied : mal de dos garanti mais…. petits moments de gloire aussi

Passer de la Chine au Vietnam à pied, c’est simple comme bonjour (quand on a déjà obtenu son visa vietnamien en France ou à l’ambassade de Pékin, bien sûr). De toute façon, vous n’avez pas d’autre choix en venant du Yunnan : la ligne ferroviaire Kunming – Hanoi n’est plus en service. Il vous faut donc prendre un bus jusqu’à Hekou et faire le boulot en solo.
Après une rapide session tamponnage à l’unique bureau de la douane, un grand moment s’offre à vous : vous allez traverser un énorme pont, passer sous une jolie étoile rouge et, comme une fleur, arriver à Lao Cai, votre première ville vietnamienne. Vraiment, la plus relax des frontières.

frontiere cambodge

Entre le Cambodge et la Thaïlande, c’était un peu plus galère du fait du nombre de candidats au passage. Résultat : files d’attente à répétition, chaleur, sac qui commence à vraiment se faire sentir sur le dos. Au dernier niveau, celui où tu affrontes le boss qui va tamponner ton passeport, j’ai sérieusement flippé. Le douanier a terrorisé la dame devant moi, une Vietnamienne, parce qu’il lui manquait un truc. Il lui réclamait une somme dingue, genre 700 dollars. La dame ne comprenait rien, le douanier criait, et écrivait en grand sur une feuille ce montant exorbitant. Pas un grand moment de plaisir. Surtout pas à Bavet, la première ville de Thaïlande : cent mille rabatteurs pour des minibus privés, aucune info pour les bus réguliers. Finalement, on prend une de ces camionnettes collectives pour aller jusqu’à la gare routière et trouver un bus.

En bus : moutons, suivez le berger…

Entre Saïgon et Phnom Penh, nous avons choisi un bus direct. On comptait prendre le visa à la frontière, mais quand le responsable du bus nous a dit qu’il pouvait s’en charger, dociles, on a dit d’accord et on a payé les 25 dollars requis par personne. Un peu après, on a réalisé que le visa en lui-même ne coûte que 20 dollars et qu’on aurait bien pu s’en occuper tous seuls. Bref. Du coup, le passage de la frontière ressemblait à un petit jeu de piste : lève la main quand on crie ton nom (si tu le reconnais…), suis le monsieur en jaune, assieds-toi là, signe ça, fais la queue ici, et laisse le monsieur gentiment faire une photo de ta tronche et scanner tes dix petits doigts. Un jeu d’enfant, vraiment. Et en ressortant, hop, on remonte dans le bus ou heureusement, le dvd musical était sur le mode « pause ».

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4 réflexions au sujet de « Frontières : de la Russie à la Thaïlande… sans avions »

    • Mais Elise ! Tu m’avais pas dit que tu avais un blog ! Je vais me régaler avec ces Liebster Awards merci à toi :) see you soon.. Ici ou la

  1. Bonjour à tous les deux ,
    Encore de bien belles photos ça donne envie bravo
    bonne route à vous!!!

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