Santiago, nos premiers pas en Amérique du Sud

20130807-202303.jpgSix mois après le début du voyage, nous posons le pied sur un continent complètement nouveau pour nous : l’Amérique du Sud. Première étape, Santiago du Chili, où l’on arrive totalement crevés après un vol interminable. L’escale à Auckland s’est transformée en purgatoire ( oui, j’exagère) que notre avion ne parvenait pas à quitter. Mais finalement, 24 heures plus tard, on survole la magnifique cordillère des Andes. Waouh. La claque. On s’imaginait feinter le décalage horaire avec une bonne nuit de sommeil. Mais il a été plus malin. Et à cause de lui, on a quitté Santiago en ayant le sentiment d’avoir passé trop de temps à dormir… Rassurez-vous, on a tout de même pu zigzaguer à loisir dans la capitale chilienne. Sur le conseil de plusieurs amis, on a suivi une visite un peu spéciale qui s’appelle « Tour 4 tips ». Le principe ? Des guides jeunes et dynamiques qui proposent une visite originale de la ville, au prix que chaque spectateur choisit.

Santiago, c’est Grenoble
Une grande montagne, une nappe de pollution bien grise et bien épaisse, un canal… Mais oui ! Le parallèle est vite fait et le Grenoblois qui sommeille en nous sautille. Évidemment, aucun autre parallèle n’est possible : la ville fait compte quand même 7 millions d’habitants et ça se voit au nombre de buildings. Mais on ne pouvait pas s’empêcher de faire un petit clin d’œil à notre ville.

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C’est beau, c’est bobo
Au cœur du centre-ville, on a parfois une forte sensation d’Europe. Elle s’explique facilement : pour retenir les élites, qui, au siècle passé, voulaient s’expatrier dans le faste européen, plusieurs quartiers on été refaits dans un style européen. Une rue « Paris – Londres » un peu hausmannienne, une autre « Nueva York » avec son air de Wall-Street. C’est marrant. Et triste aussi. Quel manque de confiance en soi. Surtout qu’à présent, les diplômés hispanophones ne se font pas prier pour tenter leur chance au Chili.

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Le devoir de mémoire
La question est omniprésente au cœur de la capitale. Les marques de la dictature de Pinochet ne sont pas cachées, mais expliquées. Notre guide s’arrête devant le 38, rue de Londres, ancien lieu de torture et ancien siège du Parti Communiste. Ironie. Aujourd’hui, des pavés noirs et blancs mènent jusqu’à ce lieu de mémoire et les noms de ceux qui y ont perdu la vie sont gravés au sol. Lors d’une discussion plus précise avec José Miguel, notre guide, on apprend qu’il est difficile de rejeter en bloc et officiellement la dictature parce que Pinochet n’a pas été jugé et que le référendum qui l’a forcé à quitter le pouvoir n’a été perdu que de peu. Officiellement, Allende est toujours mort de son suicide et Pablo Neruda d’un cancer. Mais dans le même temps, des enquêtes sont toujours en cours, un peu partout dans le monde, pour tenter d’y vois plus clair. Compliqué.

Le Gam, le centre Gabriela Mistral, est lui aussi lourd de symbole : ce centre culturel a été construit, à l’origine, sous Allende. La légende dit que l’homme politique a fait construire un bâtiment d’envergure pour accueillir des conférences avec l’aide de la population. Le bâtiment, qui devait être fait en 2 ans, a été terminé en moins d’une année. Après la prise de pouvoir de Pinochet, le bâtiment devient le nouveau lieu de pouvoir. Détruit par un incendie peu après la chute du dictateur, une grande réflexion est menée pour savoir quoi reconstruire à cet emplacement lourd de sens. C’est ainsi qu’à été érigé ce nouvel édifice, dédié à la … Gabriela Mistral, première Chilienne a recevoir un prix Nobel. On peut y voir plein d’expos, des conférences… Petit détail du rez de chaussée : ces détails de porte en forme de poings levés. Disposés dans ce sens dans le premier batiment, celui d’Allende, elles ont été retournées sous Pinochet. Les revoilà dans leur sens initial. Qu’en déduire ?

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Envie de creuser…
En contemplant le coucher de soleil depuis les hauteurs de la Place des Armes, on se dit que ce premier contact avec le Chili à Santiago a fait naître plein de questions. Sur la situation des indiens Mapuches, par exemple, se battant inlassablement pour leurs terres dans une indifférence quasi-générale. Sur le conservatisme paradoxal d’un pays moderne et dynamique : l’avortement, de quelque type que ce soit, est toujours interdit. Sur plein de choses. Même si notre passage dans le pays à dû être raccourci, on va en profiter au maximum. Parce que le temps passe. Après une halte un peu humide à Valparaiso, on choisit de filer directement dans le désert d’Atacama pour y passer un long moment. Ensuite, on continue la route jusqu’au nord du pays, à Arica, d’où on prendra le bus pour La Paz. Here we go !

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