Uyuni : sous nos pieds, le sel et la neige

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Le week-end dernier, nous avons enfilé toutes nos chaussettes et pris la route pour le salar d’Uyuni et le sud Lipez. Trois jours d’aventures, classiques pour les visiteurs de la région mais… Intenses !
En préambule, j’aimerais aussi vous dire que notre ordinateur a été volé à La Paz. On en fera peut-être une note de blog plus tard mais sachez que vous lisez un texte et visionnez des photos crées par smartphone… Notez aussi que ce bon coup dans l’aile ne nous fait pas pour autant dérailler : la route continue.

Jeudi matin. Le moral pas au beau fixe, on prend le bus pour Oruro où ne nous passons que quelques heures : dans l’étonnante gare ferroviaire de ce patelin (on dirait une bâtisse française en pierres jaunes et le guichetier écoute Carmen à plein volume) on attend le train pour Uyuni. Majoritairement fréquenté par des voyageurs, ce train met six heures à atteindre sa destination. On retrouve avec plaisir ce mode de transport qui nous manquait depuis la Birmanie… On conseille vraiment de le prendre, d’ailleurs, pour les magnifiques paysages traversés jusqu’à la tombée de la nuit. On en dira pas autant de la sélection de films :)
A 22 heures, nous voilà à Uyuni. Notre principale mission est de bien nous reposer et d’acheter trop plein d’eau pour les trois jours de désert.
Par manque de temps (et parce que nous voyageons à cinq) nous avions réservé notre périple par une agence à La Paz. Nous n’avions donc plus qu’à retrouver notre chauffeur, Pauli, le samedi matin.

Première étape : le « cimetière de locomotives » où l’on peut observer des vieilles machines à vapeur qui livraient, jusque dans les années soixante, paraît-il, les précieux minerais boliviens. D’un côté, c’est très esthétique, de l’autre, c’est aussi une sorte de décharge à ciel ouvert, pleine de rouille. Bon. Pauli nous mène ensuite dans le célèbre salar d’Uyuni, où, naturellement, nous nous amusons à faire des photos trompe-l’œil qui garniront des générations de calendriers familiaux. Paradoxe, on ne peut même pas vous les montrer !

La première nuit se passe dans un hôtel de sel, où il est de bon ton de dîner avec son bonnet. Parce qu’on est des warriors, on relève le défi d’aller faire un tour dans le village avant la tombée de la nuit. Même pas froid ! Ou si peu… Autour de nous, à table, des Allemands et des Australiens racontent leurs habitudes. Manu est le seul à avoir un tire-bouchon et nous écopons naturellement d’une blague sur les Français et le pinard. Rebelote quand on offre notre demi-bouteille aux voisins Allemands… Sourires.

Le lendemain, on attaque tôt et on file vers le parc national Eduardo Avzroa et le sud Lipez. Surprise : la neige et le « vent blanc » font leur apparition. Après avoir admiré plusieurs lagunes tout en luttant pour garder les pieds au sol, il faut faire un choix : rester dans le parc naturel et en profiter la journée du lendemain, au risque d’être bloqués par la neige, ou redescendre pour être à l’abri ? On est a 5000 mètres, quand même… Là, on se rend compte que le « poquito espagnol » ne suffit pas pour gérer les situations du genre. Mais on est optimistes, on se dit que le ciel va se dégager. On reste. « Dieu est grand », ajoute Pauli. Notre refuge est plutôt frais, on décide – on regrettera, hein – de faire une petite marche dans le vide environnant. Aller : vent dans le dos, les montagnes sortent de la brume, c’est le paradis. Retour : vent cinglant de face, pieds gelés, sensation de Tintin au Tibet qui cherche Tchang.

Après un réchauffage de pieds au coin d’un miraculeux poêle et quelques yams grelottants, d’autres jeeps arrivent. L’une d’elles, escortée par les gardes forestiers. L’équipe avait tenté de passer la frontière du Chili, qui était fermée, et tous se sont retrouvés coincés. Comme chaque soir, on se retrouve au lit tôt, on s’endort vite parce que l’on est lessivés mais les nuits sont longues. Chacun notre tour, on se réveille en espérant qu’il soit six heures. Mais non : à peine minuit.

Le lendemain, on commence la journée par un pari fou : celui d’atteindre des geysers, encore plus haut. Au bout d’une demi heure, Pauli s’arrête : impossible de savoir la profondeur de la neige, il faut rebrousser chemin. C’est la nature ! Et puis nous sommes déjà suffisamment bluffés par les paysages. Sur le retour, on n’échappe pas à un petit poussage de jeep pépère. A 5000 mètres, on y laisse chacun un poumon mais on est contents de repartir. En échange du geyser, on passe un long moment au bord de la laguna colorada où les flamants roses se mêlent au pourpre de l’eau. La encore, il faudra attendre pour les photos. Mais le moment est parfait. Nous sommes là, tous les cinq, face à un bassin rougeâtre et papillonnant de petits flamants. Soudain, tout le groupe prend son envol. On se sent petit. On n’a même plus froid. Juste envie de dire : « magnifico ».

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