Huit mois plus tard, « todo bom » à Sao Paulo

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Il y a huit mois, je regardais avec inquiétude la neige tomber sur le sol que devait quitter l’avion quelques heures plus tard. Ces trois centimètres n’étaient finalement rien à l’épais manteau qui attendait l’appareil à l’arrivée, dans la nuit moscovite. Je radote, non ? Huit mois, c’est long et court à la fois. C’est un beau bout de chemin et aussi un début. A deux mois de la fin du périple, nos pensées se perdent entre les découvertes brésiliennes, le concret du retour et les rêves pour la suite.

C’est à Sao Paulo que l’on plonge dans cet état d’esprit. Après de véritables vacances au Pérou (un savant cocktail de jungle, de retrouvailles, de grimpette et de contemplation des pélicans) on a été avalés tout entier par cette ville chronophage, laide, mais passionnante. Pour être honnête, nous n’avons rien vu ni rien senti qui trahissait l’approche à grand pas de la Coupe du Monde de cet été. A part sur les canettes de Coca, quoi. Les gens ne semblent pas enthousiastes. Notre hôte Couchsurfing nous racontait cela : « Quand un truc ne va pas, en ce moment, l’expression à la mode c’est « tu verras pendant la Coupe », on ne sait pas comment on va s’en sortir ». Ou alors, ils ont une autre expression en portugais qui dit : « c’est pour montrer aux Anglais ». En gros, tous les travaux en cours ne serviront pas les Brésiliens au quotidien, c’est juste une façade agréable et momentanée à destination des touristes. Joyeux. Avec nos hôtes, nous avons beaucoup parlé des manifestations qui ont fait beaucoup de bruit en juin dernier dans le pays. On ne l’aurait pas deviné mais les jeunes mariés qui nous accueillent sont aussi des fervents militants pour la gratuité des transports à Sao Paulo. Gros débat sur le financement des transports en commun avec Manu, plus ou moins familier de l’exemple grenoblois.

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En même temps, des manifestations d’enseignants font rage à Rio. Nos hôtes tombent justement sur une vidéo montrant clairement un policier glissant un truc dans le sac d’un manifestant pour pouvoir l’arrêter. « Globo va être obligé d’en parler! » Globo, c’est le groupe de médias principal du pays. Hyper conservateur, et « global », comme son nom l’indique. On hoche la tête. Par exemple, notre hôte est étonné d’entendre que ce printemps, des manifestations « pro – mariage pour tous » répondaient aux manifs d’anti. De leur côté de l’océan, la chaîne d’info ne montrait que la ferveur des opposants au projet de loi… Ca fait réfléchir. Et on continuera cette discussion avec les journalistes brésiliens que nous espérons rencontrer !

Notre passage laissera donc une marque particulière sur notre carnet de route. Comme nous logions très loin du centre-ville, nous avons pu mesurer l’immensité de la ville. Les favelas qui survivent à l’ombre des condominiums. Sans rire, c’était la plongée dans un livre de géographie de Terminale. Freinés par le nombre incalculable de « faites très attention », distillés jusque par des inconnus dans le métro, nous avons fait très peu de photos mais déambulé beaucoup. Beaucoup. Le centre-ville, vieillot et bordélique, a un vrai charme et transpire la sur-activité. C’était spécial. Et même s’il est cher et mal connecté aux autres moyens de transports, le métro de Sao Paulo reste le meilleur moyen de visiter la ville.

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Un robot doté d’un coeur veille sur l’avenue Paulista

On a aussi eu l’agréable impression qu’aucun Brésilien ne ressemblait à un autre. Non pas que ce soit faux dans d’autres pays, mais le mélange que l’on a senti ici nous a plu, même si on sait qu’il y a énormément de problèmes liés au racisme, notamment dans le monde du travail. Si la ville était effrayante dans certains coins – drogués allongés par terre dans l’indifférence générale.. – les gens ont tout le temps été adorables, même au coeur d’une ville de 20 millions d’habitants. Qu’on en prenne de la graine !

A présent, on est posés dans l’adorable petit bled de Paraty (prononcer paratchue), entre Sao Paulo et Rio. Il pleut un jour sur deux, donc, alternativement, on a envie de rester, puis de partir… Notre prochaine étape sera probablement Ourô Preto, et ensuite ? Mystère !

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Le parc du Trianon, avenue Paulista

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